Le bouton reset d’un Furby de 1998 se cache sous son ventre, à côté du compartiment à piles : un petit bouton rond, qu’on enfonce avec la pointe d’un stylo. Il faut l’actionner avec des piles neuves en place, quatre LR6 de 1,5 V. Le jouet lance alors un cycle d’étalonnage, oreilles, paupières et bec bougent à tour de rôle, puis il se réveille comme au premier jour.
Sans ce geste, un Furby ressorti d’un grenier reste souvent inerte.
Le contexte aide à comprendre pourquoi. Lancé par Tiger Electronics à l’automne 1998, ce petit hibou à fourrure s’est écoulé à plus de 40 millions d’exemplaires en quelques années, soit à peu près la population du Canada. Près de trente ans plus tard, les exemplaires d’origine dorment dans des cartons, leurs piles d’époque parfois toujours à l’intérieur. C’est là que les ennuis commencent.
- Le bouton reset se trouve sous le ventre, près de la trappe des piles.
- Le reset efface le comportement appris et ramène le jouet à l’état de nouveau-né.
- Des piles coulées ou des contacts oxydés expliquent souvent un Furby inerte.
Le bouton reset : où il se trouve, ce qu’il efface
Retournez le Furby : le bouton se situe sur la partie basse du corps, sous la fourrure du ventre, près de la trappe des piles. Il est minuscule et légèrement encastré, d’où l’usage d’un stylo ou d’un trombone déplié. Une pression ferme de quelques secondes suffit, inutile de forcer comme sur une serrure rebelle.
Que fait-il exactement ? Il remet à zéro la mémoire de comportement du jouet. Le Furby que vous aviez « éduqué » à l’époque, celui qui avait fini par lâcher des mots d’anglais après des semaines de câlins, redevient un nouveau-né qui ne parle que le furbish, sa langue inventée. Les mots d’anglais reviennent ensuite peu à peu, au fil des interactions.
Ce reset ne répare rien de mécanique. Il relance simplement le programme, ce qui règle une bonne partie des cas de Furby bloqué, bavard en boucle ou endormi pour de bon.
La manipulation pas à pas
Commencez par le plus ingrat : ouvrir la trappe. Elle se ferme par une petite vis cruciforme, il vous faut donc un tournevis de précision. Posez le Furby à plat, dévissez, retirez les quatre piles et regardez les contacts métalliques.
Des traces blanches ou verdâtres signalent une pile qui a coulé. Frottez-les délicatement avec un coton-tige imbibé de vinaigre blanc ou de jus de citron, puis séchez bien avant de continuer. Des contacts oxydés suffisent à expliquer un Furby qui ne s’allume pas du tout.
Placez ensuite quatre piles alcalines neuves en respectant les polarités, sans mélanger anciennes et récentes. Les piles rechargeables, souvent à 1,2 V, délivrent un peu moins de tension, et certains Furby s’en accommodent mal. Refermez la trappe, mais ne revissez pas à fond tout de suite si vous voulez pouvoir réessayer facilement.
Retournez maintenant le jouet, appuyez sur le bouton reset avec la pointe du stylo et maintenez deux à trois secondes. Reposez le Furby sur ses pieds, dans une pièce éclairée et calme. Un grattement de moteur se fait entendre : ne touchez ni aux oreilles ni au bec pendant ce cycle, qui dure une trentaine de secondes.
Une fois les yeux ouverts, le Furby émet ses premiers sons.
Testez alors ses capteurs un par un : chatouillez le ventre, caressez le dos, glissez un doigt dans le bec (le capteur de « nourriture »), mettez-le tête en bas et masquez ses yeux avec la main. Chaque geste doit déclencher une réaction. Si certains répondent et d’autres non, notez lesquels : cela orientera le diagnostic.
S’il reste muet malgré le reset
Premier suspect, les piles. Même neuves, un lot mal conservé ou un contact légèrement tordu peut priver le jouet du courant nécessaire au haut-parleur. Essayez un autre jeu de piles, et redressez à l’aide d’un petit tournevis les lamelles métalliques qui s’écrasent avec l’âge.
Deuxième piste : le mécanisme. Le Furby original anime ses oreilles, ses yeux et son bec avec un seul moteur couplé à un système d’engrenages et de cames. Si un enfant a tordu une oreille ou si le jouet a trop chuté, les engrenages peuvent se bloquer, et le programme ne détecte plus sa position de départ. On entend alors le moteur peiner, parfois sans émettre un son, puis plus rien.
Troisième cas, plus rare : un Furby qui bouge mais ne dit rien. Le moteur fonctionne, mais le haut-parleur ou son câblage est en cause, parfois à cause de poussière ou d’un fil dessoudé. Là, le reset ne peut plus rien, et il faut ouvrir le corps du jouet.
Dans ce cas, comptez une demi-douzaine de vis cachées sous la fourrure et la peau de tissu, qu’il faut décoller avec précaution. Si vous n’avez jamais démonté de jouet électronique, mieux vaut passer par un réparateur ou un atelier spécialisé dans les jouets rétro. Un Furby d’origine en bon état se revend encore, et une fourrure déchirée ou un fil sectionné fait perdre toute valeur de collection.
Gardez en tête une limite : un Furby ne peut ni enregistrer ni apprendre une phrase que vous lui dites, malgré la légende qui a poussé la NSA américaine à interdire le jouet dans ses locaux fin 1998. Il ne comprend rien, il pioche dans un stock de sons préenregistrés dont la diversité augmente avec le temps de jeu. Si le vôtre se remet à parler après son reset, attendez donc quelques heures avant de juger de son « éducation » : l’anglais n’apparaît qu’après plusieurs cycles de veille et de réveil, un mécanisme que Tiger avait conçu pour donner l’illusion d’un apprentissage.