La NES clignote parce que les broches du connecteur 72 broches, celui qui reçoit la cartouche, sont encrassées ou ont perdu leur tension d’origine. Ce petit composant a été conçu en 1985 pour durer quelques centaines d’insertions. Il en subit parfois des milliers, et il finit par rendre les armes.
Le symptôme est connu de tous ceux qui ont grandi avec la machine : écran gris, bandes colorées, image qui scintille en boucle, ou logo qui se rallume sans cesse sans jamais laisser passer le jeu.
- Le connecteur 72 broches s’use et perd sa tension avec le temps
- Une cartouche oxydée peut provoquer le même clignotement
- Nettoyer les contacts à l’alcool isopropylique 90 % règle souvent le problème
Pourquoi la NES clignote : trois suspects
Le coupable numéro un reste le connecteur 72 broches. Nintendo avait équipé la version occidentale de la console d’un système à insertion verticale (le fameux « front loader »), dans lequel la cartouche descend en appuyant sur des contacts qui s’écartent à chaque utilisation. À force, le métal se déforme, s’oxyde et ne serre plus assez le circuit imprimé du jeu.
Le deuxième suspect se trouve dans la cartouche elle-même. Des contacts ternis par trente-cinq ans de stockage dans un grenier ou une cave humide suffisent à provoquer un clignotement, même avec une console en parfait état.
Troisième piste, moins fréquente : la puce de verrouillage 10NES. Elle vérifie que la cartouche est autorisée, et c’est elle qui fait redémarrer la console en boucle lorsqu’elle ne reçoit pas le bon signal. Quand elle reste sans réponse, la NES se réinitialise sans fin, d’où le clignotement caractéristique.
Un vieux mythe circule encore : souffler dans la cartouche arrangerait tout.
Il aggrave en réalité les choses. L’humidité de l’haleine contient de la salive et des minéraux qui accélèrent la corrosion des contacts, et le geste ne retire aucune saleté incrustée. Si le truc a parfois semblé marcher dans les cours de récré des années 90, c’est surtout parce que la cartouche était retirée et remise, ce qui changeait son placement dans le connecteur.
Nettoyer cartouche et console : la méthode qui marche
Commencez par la cartouche, car elle se répare en cinq minutes. Il vous faut de l’alcool isopropylique à 90 % minimum (celui de la pharmacie à 70 % laisse trop d’eau) et des cotons-tiges. Frottez les contacts dorés jusqu’à ce que le coton ressorte propre, puis laissez sécher une minute complète.
La gomme à crayon blanche fonctionne aussi pour des contacts très ternes. Évitez en revanche le papier de verre, qui arrache la fine couche d’or et ruine le contact pour de bon.
Passez ensuite à la console. Dévissez le boîtier avec un tournevis cruciforme, puis retirez la tôle de blindage métallique qui recouvre la carte mère. Les connecteurs sont alors accessibles, et vous pouvez les nettoyer à l’alcool avec une carte plastique fine ou un coton-tige.
Attention à un détail qui piège les débutants : la NES utilise des vis de longueurs différentes selon leur emplacement. Notez où chacune se range, ou disposez-les sur une feuille en reproduisant la forme de la console.
Quand le connecteur est mort : les options de réparation
Si le nettoyage ne suffit pas, il faut redonner de la tension aux broches. Certains bricoleurs plient délicatement chaque contact avec un petit outil fin pour les resserrer, une opération qui exige de la patience, car une broche trop tordue casse net.
L’alternative la plus durable consiste à remplacer le connecteur d’origine. Des pièces de rechange neuves sont vendues par plusieurs fabricants de pièces rétro, et leur contact est plus ferme que celui de nombreuses consoles vieillissantes. Le remplacement demande un fer à souder et un dessouder, ce qui le réserve aux utilisateurs un minimum à l’aise avec l’électronique.
Une autre voie, radicale : retirer la puce 10NES, ou désactiver sa broche 4, selon une modification bien documentée par la communauté. Elle supprime la boucle de redémarrage, mais empêche aussi la console de lire certains jeux.
Tout le monde n’a pas envie de sortir le fer à souder.
Pour ceux-là, il reste l’option du kit de remplacement de console clonée, qui reproduit la NES sur un matériel moderne avec sortie HDMI. Ces machines lisent les vraies cartouches, coûtent généralement entre 50 et 200 euros selon le modèle, et évitent les pannes de connecteur, même si on perd le côté authentique de la bête grise d’origine.
Éviter que le clignotement ne revienne
Un geste d’usage change tout : insérez la cartouche sans l’enfoncer à fond en la faisant basculer. Beaucoup de joueurs la poussaient avec force vers le bas pour la verrouiller, ce qui écrasait les broches. Sur une NES en bon état, il suffit de laisser le mécanisme faire son travail.
Rangez ensuite vos jeux dans un endroit sec, à l’abri de la poussière, de préférence en boîte plastique fermée. Les contacts n’oxydent presque plus dans une pièce dont l’humidité reste sous 50 %, le seuil que recommandent la plupart des collectionneurs.
Enfin, un dernier point concerne l’alimentation : un adaptateur secteur défaillant ou non conforme peut provoquer exactement le même clignotement, car la tension de la console tombe sous le seuil requis. Un bloc d’origine délivre du 9 volts, alors que de nombreux modèles génériques vendus en ligne affichent des valeurs proches mais irrégulières. Testez un autre adaptateur avant de démonter quoi que ce soit.