« On voulait Tom. On lui a donné le rôle. » La phrase vient de Steven Spielberg lui-même, des décennies après les faits. « We wanted Tom. We gave Tom the part, and then he had, which we didn’t realize, an outstanding contract with CBS network to do ‘Magnum P.I.’ » Résultat : Harrison Ford a hérité du fouet et du fedora, et Tom Selleck est resté coincé sur la piste d’Hawaï.
- Tom Selleck a passé un essai remarqué pour Indiana Jones en 1980, impressionnant Spielberg et Lucas.
- CBS a bloqué la libération de Selleck en invoquant son contrat pour Magnum P.I., refusant tout compromis.
- Harrison Ford a obtenu le rôle après que Spielberg l’a revu dans L’Empire contre-attaque et l’a proposé à Lucas.
Un tournage face à un autre tournage
L’histoire commence en 1980. Selleck vient de boucler le pilote d’une nouvelle série policière pour CBS, Magnum, P.I., sans savoir si la chaîne la commandera vraiment. Au même moment, Spielberg et Lucas cherchent leur archéologue pour Les Aventuriers de l’arche perdue, et le comédien passe un bout d’essai qui impressionne tout le monde. « He came in, and he read for the part. He was good, » Spielberg said of Selleck. « His test was good. I loved it. »
George Lucas, lui, a été encore plus direct dans ses souvenirs sur ce bout d’essai. Selon lui, la performance de Selleck face à l’actrice Sean Young était tout simplement excellente.
Le rôle lui revient donc officiellement. Mais personne, ni Spielberg ni Lucas, n’a anticipé la vitesse à laquelle CBS allait réagir dès qu’elle a senti la concurrence d’Hollywood.
« Non, on ne veut pas le laisser faire »
Dès que la chaîne apprend que deux poids lourds du cinéma réclament son acteur, elle verrouille tout. Bien qu’enthousiaste à l’idée de tourner le premier script d’Indiana Jones, Selleck a dû renoncer parce que sa série policière avait déjà été commandée par CBS et s’apprêtait à démarrer le tournage. La chaîne accélère volontairement la mise en production de Magnum pour couper court à toute négociation.
Spielberg et Lucas ne lâchent pas l’affaire tout de suite. Ils tentent un compromis, espérant que l’acteur puisse jongler entre les deux tournages. Selleck loved the script and wanted to accept, but CBS refused to release him from his contract, and the studio told him « We’ll work it out and you can do both. » La chaîne ne l’entend pas de cette oreille. « And the more they wanted me, the more CBS said, ‘No, we don’t want to let him do it.’ »
Un mois. C’est le temps que les deux cinéastes tiennent la porte ouverte avant de se résoudre à passer à autre chose. Spielberg et Lucas ont maintenu l’offre ouverte pendant environ un mois avant d’accepter la défaite.
Le contrat qui a changé le cinéma d’aventure
Ce blocage administratif a un effet domino immédiat sur le casting du film. Spielberg se tourne alors vers un acteur qu’il vient tout juste de revoir à l’écran. Le rôle est finalement allé à Ford après que Spielberg, par un rebondissement du destin, l’a vu dans « Star Wars : L’Empire contre-attaque » sorti en 1980, et le cinéaste a alors interpellé Lucas : « George, what about that guy who plays Han Solo to play Indiana Jones? » Lucas hésite d’abord, craignant que le public ne voie toujours Han Solo derrière le chapeau, avant de se laisser convaincre.
Le paradoxe de cette histoire, c’est que le blocage n’était peut-être même pas nécessaire. Le tournage du pilote de Magnum, P.I. a finalement été retardé de six mois, ce qui signifie que Selleck aurait pu filmer les deux projets sans violer son contrat. Mais à l’époque, personne ne pouvait le savoir : CBS avait déjà tranché, et Harrison Ford tournait déjà en Tunisie.
Ford lui-même a confirmé cette version des faits des années plus tard, lors d’un festival italien. « He was unable to get out of that contract, » he said at the Taormina Film Festival while promoting « Indiana Jones and the Dial of Destiny. »
Aucun regret, dit-il
Comment réagit Selleck face à cette occasion manquée qui aurait pu faire de lui l’un des plus grands héros du cinéma d’aventure ? Il choisit la loyauté contractuelle plutôt que la rupture. « Look, I made a deal with Magnum and it was the best thing that ever happened to me. I’m proud that I lived up to my contract. »
Il ira même plus loin dans son récit, refusant catégoriquement les stratagèmes que certains lui suggéraient pour se libérer. Certains lui disaient qu’il fallait se blesser volontairement pour sortir du contrat, mais il répondait qu’il devait pouvoir regarder ses parents dans les yeux. Magnum, P.I. tournera finalement huit saisons, de 1980 à 1988, et fera de Selleck l’une des plus grandes stars de la télévision américaine des années 80.
Un détail amuse encore les fans aujourd’hui : Spielberg a plaisanté sur ce à quoi aurait ressemblé son Indiana Jones. Le réalisateur a blagué qu’il y avait un autre changement qu’il aurait exigé si Selleck avait tourné le film : « I wouldn’t have let him have a mustache. » La fameuse moustache de Magnum, elle, est restée bien en place pendant huit ans sur les écrans de CBS.
Sources : foxnews.com | voi.id