Dix ans d’antenne, de la rentrée 1987 à l’été 1997, et une génération entière scotchée devant TF1 les mercredis et les après-midi de semaine. le Club Dorothée a diffusé des dizaines de séries animées, surtout japonaises, dont voici les plus marquantes, classées par familles.
- Le Club Dorothée a diffusé sur TF1 de la rentrée 1987 à l’été 1997
- Dragon Ball arrive en 1988, suivi de Dragon Ball Z en 1990
- Sailor Moon s’ajoute à partir de 1993 et attire un public féminin
- TF1 met fin au programme en 1997
Les grosses cylindrées : Dragon Ball et compagnie
Dragon Ball débarque dans le Club en 1988, suivi de Dragon Ball Z à partir de 1990. C’est la locomotive de la grille, celle qui fait grimper les audiences des enfants et vendre des cartes Panini par camions entiers.
Juste à côté, Les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seiya) arrivent la même année 1988. Armures mythologiques, combats par épisodes entiers, héros qui se relèvent douze fois : le modèle du genre pour toute une cour de récré.
Puis il y a Ken le Survivant.
Adaptée du manga Hokuto no Ken, cette série post-apocalyptique est l’une des plus violentes jamais programmées à cette heure-là. Elle devient le symbole des critiques adressées au programme : en 1989, Ségolène Royal publie Le Ras-le-bol des bébés zappeurs, qui vise directement les dessins animés japonais. Plusieurs séries sont ensuite remontées, coupées ou déprogrammées sous la pression du CSA et des associations.
Sport, humour et romances : le reste du plateau
Olive et Tom (Captain Tsubasa) transforme les terrains de foot des collèges français. Des tirs qui durent trois épisodes, des terrains qui semblent faire dix kilomètres, et des gamins qui tentent le « tir de l’aigle » dans la cour.
Côté comédie, Nicky Larson (City Hunter) mêle enquêtes et gags très légers, avec un détective obsédé qui sauve le monde entre deux blagues. La série s’installe en 1990 et reste l’une des plus rediffusées du Club.
Le romantique n’est pas oublié, avec Juliette je t’aime (Maison Ikkoku), histoire d’un étudiant amoureux de la gérante de sa pension. Signé Cat’s Eyes suit trois sœurs cambrioleuses de tableaux, tandis que Lamu (Urusei Yatsura) et Ranma 1/2 installent un humour plus déjanté, avec extraterrestres amoureuses et héros qui change de sexe à l’eau froide.
Les productions américaines ont aussi leur place, comme Les Tortues Ninja, qui arrivent en 1990.
Les filles guerrières et la fin d’une époque
Avec Sailor Moon, diffusé à partir de 1993, le Club Dorothée s’ouvre franchement à un public féminin. Les « magical girls » en uniforme de marin deviennent des icônes, et les cours de récré se divisent entre fans de Goku et fans d’Usagi.
Les chiffres donnent le vertige. Sur dix ans, le programme a cumulé plusieurs milliers d’heures d’antenne, dont une grande part de séries nippones achetées et doublées par AB Productions, la société du producteur Jean-Luc Azoulay. Cette société, qui produisait aussi les sitcoms du Club comme Hélène et les Garçons, a fait du doublage rapide un savoir-faire maison.
Ce modèle a ses détracteurs.
Les adaptations françaises de l’époque modifient parfois les noms, les dialogues, voire des scènes entières jugées trop dures ou trop étrangères. Les thèmes d’ouverture sont réenregistrés en français, souvent chantés par Corbier, Dorothée elle-même ou Jean-Luc Azoulay sous pseudonyme. Pour beaucoup de fans, ces génériques sont aujourd’hui plus mémorables que les épisodes.
En 1997, TF1 met fin au programme, après la baisse d’audience et la concurrence de France 3 et des chaînes du câble. Le dernier Club Dorothée est diffusé à la fin de l’été, et les dessins animés passent ensuite sur d’autres chaînes, dont les chaînes jeunesse.
Ce qu’il reste de cette liste
La liste ci-dessus est loin d’être exhaustive : en dix ans, le Club a programmé bien plus de titres que ceux que la mémoire collective a retenus. Les grandes séries restent disponibles en DVD, en intégrale ou en streaming selon les plateformes, souvent dans leur version originale non censurée.
Certaines éditions françaises ont d’ailleurs été remasterisées pour leur anniversaire, avec les deux doublages, ancien et récent, sur la même galette.
Parmi tous ces titres, un seul a traversé les décennies sans vraiment vieillir : Dragon Ball, dont les suites Dragon Ball Super et les films continuent d’engranger des millions de spectateurs, trente ans après son arrivée sur TF1.