Nettoyer une cartouche Super Nintendo : matériel, méthode pas à pas et erreurs qui abîment les contacts

Une cartouche Super Nintendo qui affiche un écran gris ou des pixels qui clignotent n’est presque jamais morte. Neuf fois sur dix, c’est un simple problème de contacts oxydés, et une dizaine de minutes suffisent pour la ramener à la vie. Voici comment s’y prendre sans transformer un jeu à 30 euros en presse-papier.

À retenir
  • Neuf pannes sur dix viennent de contacts oxydés
  • L’alcool isopropylique à 90 % ou plus est le produit à privilégier
  • Souffler dans une cartouche accélère la corrosion des contacts
  • Une pile CR2032 à plat fait perdre les sauvegardes

Pourquoi les contacts s’encrassent

Les connecteurs de la cartouche sont en cuivre, recouverts d’une fine couche de dorure sur certains circuits. Avec les années, l’humidité, la poussière et le contact répété avec la console y déposent un voile terne, parfois verdâtre. Ce film isole le courant, et la console ne reconnaît plus rien.

Une cartouche sortie d’un grenier ou d’un vide-grenier a souvent vécu trente ans dans ces conditions.

Avant de sortir le matériel, un diagnostic rapide évite de s’acharner pour rien. Si la console démarre sans cartouche mais que l’écran reste noir avec le jeu, les contacts sont les premiers suspects. Si plusieurs autres jeux fonctionnent normalement dans la même console, le défaut vient bien de la cartouche et non de la machine, dont le connecteur interne peut aussi s’encrasser (cela se nettoie de la même façon).

Le matériel qu’il faut réunir

Pas besoin d’équipement de laboratoire. Le trio de base tient dans un tiroir : de l’alcool isopropylique à 90 % ou plus, des cotons-tiges (ou des bâtonnets en mousse), et un tournevis cruciforme pour ouvrir le boîtier si besoin.

L’alcool isopropylique se trouve en pharmacie, en droguerie ou dans les magasins d’électronique. L’alcool à 70 % vendu comme antiseptique contient plus d’eau, qui met plus de temps à s’évaporer et laisse davantage de résidus sur le métal.

Les cartouches Nintendo utilisent des vis de sécurité de type « gamebit » à 3,8 mm, et non des vis cruciformes classiques. Pour les versions européennes de la Super Nintendo, il faut donc un embout spécifique, vendu quelques euros en ligne, pour ouvrir le boîtier.

Un chiffon en microfibre propre, une lampe et une gomme blanche de bureau complètent l’ensemble, mais ces deux derniers éléments restent facultatifs.

La méthode pas à pas

Commencez par l’inspection. Éclairez le connecteur sous une lampe : si vous voyez des traces ternes, brunes ou verdâtres, le nettoyage est justifié. Des contacts brillants et uniformes indiquent plutôt un problème ailleurs, par exemple une pile de sauvegarde à bout de souffle pour les jeux à sauvegarde comme Zelda ou Secret of Mana.

Trempez ensuite un coton-tige dans l’alcool, sans le détremper. Il doit être humide, pas dégoulinant, car le liquide ne doit jamais couler vers l’intérieur du boîtier.

Frottez chaque contact du bord vers l’extérieur, en passant doucement mais fermement. Le coton va noircir très vite, parfois dès le premier passage, ce qui est bon signe : c’est l’oxydation qui part. Changez de coton-tige dès qu’il est sale, jusqu’à ce qu’il ressorte propre.

Laissez sécher cinq minutes à l’air libre, cartouche à plat, connecteur vers le haut. L’isopropylique s’évapore vite, mais la patience évite de court-circuiter une carte avec de l’humidité résiduelle.

Faites ensuite le test en conditions réelles : insérez la cartouche bien droite, poussez franchement, puis allumez. Si le jeu démarre, l’opération est terminée.

Parfois, un deuxième passage s’impose, notamment sur les cartouches très sales, qui peuvent réclamer trois ou quatre cotons-tiges de suite.

Quand il faut ouvrir le boîtier

Si le nettoyage externe ne suffit pas, retirez les deux vis au dos avec l’embout adapté et séparez les deux coques. La carte électronique se détache sans effort. Nettoyez les contacts sur les deux faces, car certaines cartouches ont des pistes dorées de chaque côté, puis remontez le tout.

Profitez de l’ouverture pour vérifier la pile bouton CR2032 sur les jeux à sauvegarde : une pile à plat fait perdre les parties, même quand le jeu démarre normalement.

Les erreurs qui abîment vraiment les contacts

La plus répandue : souffler dans la cartouche. C’est un réflexe de toute une génération de joueurs, validé par aucun technicien. L’haleine contient de la vapeur d’eau et de la salive, qui accélèrent la corrosion à long terme.

La gomme abrasive, le papier de verre ou la lame de cutter arrachent la fine couche de dorure.

Même chose avec le vinaigre blanc, le jus de citron ou le dentifrice, parfois recommandés sur des forums. Ces produits agissent par réaction acide ou abrasive et laissent des résidus qui continuent d’attaquer le métal après le nettoyage. Un contact nu, une fois la dorure partie, s’oxyde plus vite qu’avant.

Autre piège : le coton classique, celui des démaquillants, qui s’effiloche et dépose des fibres entre les pistes. Les cotons-tiges à tête serrée ou les bâtonnets en mousse limitent ce risque. Quant aux sprays de contact généralistes, certains contiennent des lubrifiants gras qui attirent la poussière, et ils n’ont aucune raison d’entrer dans une cartouche de jeu.

Dernier réflexe à éviter : insérer la cartouche à répétition en espérant que ça passe. Chaque tentative frotte un connecteur sale contre le port de la console et y transfère de la crasse.

Si rien ne fonctionne

Une cartouche nettoyée qui refuse toujours de démarrer a peut-être un défaut plus profond : soudure fissurée, puce défaillante ou piste coupée. Ces réparations demandent un fer à souder et un multimètre, et relèvent plutôt d’un atelier spécialisé en rétrogaming.

Avant d’en arriver là, testez la cartouche dans une autre Super Nintendo si vous en avez une à portée de main, car le connecteur de la console peut lui aussi être en cause. Un connecteur de console encrassé se nettoie avec un coton-tige légèrement imbibé d’isopropylique, console éteinte et débranchée.

Sur le marché de l’occasion, un nettoyage soigné est souvent ce qui sépare un jeu invendable d’une cartouche à sa valeur normale, d’où l’intérêt de la geste précise plutôt que de la force.

Laisser un commentaire