Pour numériser une VHS chez soi, il faut quatre choses : un magnétoscope en bon état, un boîtier de capture vidéo, un logiciel gratuit et de la patience, car la copie se fait en temps réel. Une cassette de deux heures mobilise donc deux heures de votre soirée. Le budget reste raisonnable face aux services de numérisation, à condition d’éviter quelques pièges qui abîment l’image ou la bande.
Une VHS stockée dans un grenier humide peut moisir en quelques années.
- Un magnétoscope d’occasion testé avant l’achat vaut mieux qu’un appareil jamais essayé, car les têtes encrassées et courroies fatiguées sont les pannes classiques.
- La capture doit se faire en 720 x 576 pixels à 25 images par seconde en format sans perte, avec un codec comme FFV1 pour réduire l’espace disque.
- Les cassettes moisies ne doivent jamais être lues dans un magnétoscope personnel, car les spores contaminent les têtes de lecture.
Le matériel : un magnétoscope fiable avant tout
Le magnétoscope compte plus que tout le reste. Un modèle d’occasion testé avant l’achat vaut mieux qu’un appareil sorti d’un carton et jamais essayé : têtes encrassées, courroies fatiguées et rouleaux usés sont les pannes classiques. Les modèles S-VHS, ou les VHS haut de gamme de la fin des années 1990, offrent en général une lecture plus stable et une sortie S-Vidéo, un peu plus nette que le composite. Et si vous avez gardé le vieux lecteur du salon, essayez-le d’abord, il fera peut-être très bien l’affaire.
Côté capture, un boîtier USB avec entrées RCA (jaune pour la vidéo, blanc et rouge pour le son) suffit. Vérifiez sur la fiche technique qu’il livre un flux peu compressé, car certains modèles bas de gamme recompressent l’image en direct et gomment les détails avant même que le logiciel n’intervienne.
Reste le branchement. Les magnétoscopes français sortent surtout en Péritel, d’où l’adaptateur Péritel vers RCA, qui comporte souvent un petit commutateur IN/OUT : sur la mauvaise position, il ne laisse passer aucune image. Si votre appareil dispose d’une sortie RCA ou S-Vidéo à l’arrière, elle évite l’adaptateur.
Les bandes anciennes produisent parfois une image qui tremble ou se déchire en haut. Un correcteur de base de temps (TBC), intégré à certains magnétoscopes haut de gamme ou vendu en boîtier séparé, stabilise le signal avant la capture.
Les réglages de capture qui font la différence
OBS Studio et VirtualDub, tous deux gratuits, savent capturer un flux analogique. Le format à choisir est celui de la source : 720 x 576 pixels, 25 images par seconde, la norme européenne. Le son se règle en 48 kHz, avec un niveau qui frôle le rouge sans jamais l’atteindre.
Pour la copie maîtresse, privilégiez un codec sans perte. Une heure de vidéo PAL totalement non compressée pèse environ 75 Go, et un codec comme FFV1 ou HuffYUV réduit cette facture à peu près de moitié. Prévoyez donc plusieurs dizaines de gigaoctets par heure sur un disque dur dédié. De ce fichier, vous tirerez ensuite autant de versions allégées que nécessaire, en H.264 par exemple, pour la télé ou le cloud.
Ne désentrelacez jamais pendant la capture.
Les VHS enregistrent 50 demi-images par seconde, entrelacées, que les écrans modernes affichent mal : des stries en peigne apparaissent sur les mouvements rapides. Le désentrelacement se fait après coup, avec HandBrake pour un résultat correct ou avec le filtre QTGMC (sous AviSynth ou VapourSynth) pour un rendu bien plus fin mais long à calculer. Conservez le fichier entrelacé d’origine pour pouvoir relancer le traitement avec de meilleurs outils.
Les erreurs qui gâchent la copie (et parfois la cassette)
La plus grave : lire une bande moisie dans un magnétoscope que vous comptez réutiliser. Des taches blanchâtres sur la tranche ou une odeur de renfermé signalent des spores qui contamineront les têtes de lecture, et ces cassettes sont à confier à un professionnel.
Autre piège, le nettoyage à outrance. Les cassettes de nettoyage à sec peuvent user les têtes, mieux vaut s’en servir une seule fois au besoin. Si l’image est barrée de bandes horizontales, le réglage du suivi de piste (tracking), accessible par les touches du magnétoscope pendant la lecture, la corrige souvent sans autre outil.
Une image en noir et blanc trahit souvent un souci de norme SECAM.
Beaucoup d’enregistrements télé faits en France l’ont été en SECAM. Un magnétoscope multi-normes, ou un boîtier capable de décoder ce format, règle le problème. Les cassettes du commerce posent un autre cas : leur protection anticopie (Macrovision) fait scintiller ou rouler l’image à la capture. Les films de famille ne sont pas concernés, et la copie d’une cassette du commerce reste de toute façon limitée par le cadre légal de la copie privée.
Une fois la copie vérifiée de bout en bout, rangez les cassettes debout, comme des livres, dans un endroit sec entre 10 et 25 °C. Le fichier, lui, mérite trois copies sur deux supports différents, dont une hors de chez vous : la règle du 3-2-1 qu’appliquent les archivistes.