le générique de Goldorak en France, c’est la voix de Ross. Un chanteur dont le nom a longtemps été éclipsé par celui du robot, alors que ses « Goldorak, Goldorak, Go ! » ont imprégné des millions de tympans d’enfants à partir de l’été 1978.
- Le générique français est chanté par Ross, dont la voix est diffusée dès l’été 1978.
- La mélodie vient de Shunsuke Kikuchi, avec des paroles françaises écrites spécialement pour la série.
- Le 45 tours s’est vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et reste l’un des génériques les plus connus du pays.
Un air venu du Japon, des paroles écrites pour la France
Avant d’être français, le thème est japonais. La série originale, UFO Robo Grendizer, est diffusée au Japon de 1975 à 1977, avec une musique composée par Shunsuke Kikuchi, vétéran de l’animation nippone. Le chanteur de la version d’origine est Isao Sasaki, une voix de référence du genre, qui a prêté son timbre à de nombreux génériques de séries de robots.
Pour l’arrivée en France, les producteurs n’ont pas traduit les paroles japonaises. Ils ont conservé la mélodie de Kikuchi et fait écrire un texte neuf, pensé pour les enfants français : un robot, un héros, une menace venue de l’espace, le tout martelé en quelques phrases courtes.
Le choix est malin.
Le résultat tient en une poignée de lignes qui se retiennent à la première écoute, avec un refrain scandé presque comme un slogan de stade. C’est aussi ce qui explique que le titre se chante encore par cœur, des décennies plus tard, y compris par des gens qui n’ont jamais revu un seul épisode.
Ross, la voix qu’on connaît sans connaître son visage
L’interprète français s’appelle Ross. Son nom figure sur la pochette du 45 tours, mais il n’a jamais eu la notoriété d’une vedette de variétés : pour le grand public, il est resté la voix d’un robot. Une situation courante pour les interprètes de génériques, qui touchent des millions de personnes sans apparaître à l’écran.
La série arrive sur Antenne 2 le 3 juillet 1978. La chaîne la programme dans le créneau jeunesse de l’après-midi, au moment où les enfants rentrent ou profitent des vacances d’été. Le public réagit de façon massive, au point que la presse de l’époque s’en émeut.
La polémique est restée célèbre. Des responsables politiques et des associations dénoncent la violence de ces dessins animés japonais, et Goldorak devient le symbole de ce débat. Le robot sert de bouc émissaire, alors que le public, lui, en redemande.
Jacques Chirac parle plus tard de la génération Goldorak. Cette formule n’a rien d’une anecdote : elle dit bien que la série a marqué un tournant dans l’histoire de la télévision française pour la jeunesse.
L’histoire du disque et ses différentes versions
Le 45 tours sort à la fin des années 1970 et rencontre un succès considérable pour un disque tiré d’un dessin animé. Il s’écoule en très grand nombre dans les bacs français, et le titre reste l’un des génériques les plus vendus du pays. Les chiffres exacts varient selon les sources, ce qui n’a rien d’étonnant pour un disque de cette époque : mieux vaut parler d’un succès à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires que de s’accrocher à un total précis.
Le disque propose en général le générique de début et une face B reprenant l’autre morceau de la série, celui de la fin des épisodes. Les pochettes mettent en avant le robot rouge et noir, avec des illustrations qui se vendent presque autant que la musique.
Plusieurs déclinaisons existent, et il faut les distinguer. On trouve la version japonaise d’origine, chantée par Isao Sasaki, la version française de Ross diffusée à la télévision, et des rééditions ultérieures, en 45 tours puis en compilations de génériques de dessins animés. Les compilations des années 1980, puis les coffrets CD de génériques cultes, ont remis le titre en circulation auprès d’une génération qui avait grandi avec.
La série a aussi connu des rediffusions successives sur plusieurs chaînes françaises, et chaque retour a ravivé le thème. Le générique de Ross reste attaché à cette version doublée : c’est lui que les fans reconnaissent dès la première note.
Pourquoi ce thème est resté dans toutes les têtes
La première raison est musicale. Kikuchi écrit une mélodie à l’énergie quasi militaire, avec des cuivres et un tempo soutenu qui annoncent l’action avant que l’image n’apparaisse. Le thème fonctionne comme une fanfare, ce qui le rend facile à reprendre en chœur dans une cour de récréation.
La seconde tient au texte français. Il est direct, sans fioritures, et prononce le nom du robot à intervalles réguliers. Un enfant de huit ans peut le mémoriser en un seul après-midi.
Le thème a connu une seconde vie bien plus tard. En 2023, le Japon a lancé Grendizer U, une nouvelle série qui relance la franchise, ce qui a rappelé que la mélodie de Kikuchi, vieille de près d’un demi-siècle, n’avait rien perdu de sa force. En France, les fans de la première heure ont retrouvé là l’occasion de comparer les versions et de redécouvrir le travail d’origine.
Chaque été, des soirées rétro reprennent le refrain en boucle, et il suffit d’entendre les trois premiers mots pour que la salle chante la suite. Preuve que le disque de Ross, sorti il y a près de cinquante ans, n’a pas besoin du robot pour exister.
Dans la discographie de Shunsuke Kikuchi, qui compte des centaines de thèmes pour la télévision japonaise, Goldorak reste l’un des plus connus hors du Japon, notamment en France et en Italie, où la série a été reçue avec le même enthousiasme.